Le « Museo del Oro » de Bogota (Colombie), une visite éblouissante…

Museo del Oro, Banco de la Republica, Bogota, Colombie, Février 2026

Le musée de l’or de Bogota a été créé en 1939 par la Banque de la République de Colombie, avec comme objectif de protéger le patrimoine archéologique colombien alors menacé par le pillage des tombes et le commerce clandestin. Aujourd’hui l’institution abrite la plus importante collection d’orfèvrerie précolombienne au monde avec environ 34 000 œuvres en or.

Les anciens habitants de l’Amérique du Sud commencèrent à travailler l’or, le cuivre et le platine aux environs de 1500 avant JC. En l’an 500 de notre ère, la métallurgie était une activité courante depuis le centre du Mexique jusqu’au nord du Chili et de l’Argentine. L’orfèvrerie de la Colombie préhispanique s’est distinguée par la prédominance de la fonte à la cire perdue. Le mélange intentionnel d’or et de cuivre fut l’alliage le plus utilisé, permettant d’obtenir une gamme importante de tonalités dorées. 

En Colombie préhispanique, différentes sociétés orfèvres ont travaillé l’or et le cuivre, donnant naissance à une variété de styles, certains avec une prédominance de formes abstraites jouant avec la symétrie ainsi qu’avec les oppositions entre le plein et le vide, d’autres par des représentations anthropomorphes et des figures animalières stylisées.

Les œuvres présentées dans le musée sont principalement des objets d’ornements pour le corps tels que diadèmes, ornements de nez et d’oreille, pendentifs, bracelets et ceintures, portés par les gouvernants indigènes, renforçant leur prestige et leur autorité. Nous y trouvons également, une variété d’instruments nécessaires à la consommation de coca (récipients : poporo et spatules à chaux) ou de substances hallucinogènes. Enfin, nous pouvons également y admirer de beaux exemples de masques en or martelé, découpé puis repoussé, immortalisant les visages de dirigeants.

Ces objets sacrés à caractère religieux et symbolique exprimaient une cosmogonie complexe justifiant les relations sociales et environnementales. Ils constituaient également des supports actifs à la transmutation des identités permettant d’acquérir connaissances et pouvoirs mis au service des membres de la communauté. Les plus emblématiques de ces transmutations étant celles en homme-jaguar, en homme chauve-souris capable de voir l’univers de manière inversée, ou en homme-oiseau capable de voyager à travers les régions inconnues du cosmos.

Si vous cherchez l’Eldorado, vous le trouverez dans ce musée incontournable.

Pierre Broqua

Parure de cacique avec diadème (24 x 18,1 cm) imitant des plumes, Narino, 600-1600 après JC.
Diadème, Calima, 200-1500 après JC
Ornement de nez, Tairona
Ornement d’oreille, Zenu
Pectoral en forme d’homme jaguar (23,4 x 25,7 cm), Tolima, 1-700 après JC
Pectoral en forme d’homme chauve-souris, Tairona, 900-1600 après JC
Pectoral en forme d’oiseau avec des figures anthropomorphes (21 x 22,5 cm), Muisca-Guane, 600-1600 après JC
Pectoral en forme d’homme chauve-souris (16 x 8,7 cm), Tolima, 1-700 après JC
Poporo (11 x 9, 5 cm) et spatule à chaux, Quimbaya, 500 avant JC700 après JC
Poporo (24 x 11,8 cm), Quimbaya, 400 avant JC
Poporo (27,1 x 11,8 cm), Quimbaya, 500 avant JC – 700 après JC
Masque funéraire (29,7 x 49 cm), Calima, 200 avant JC-200 après JC

Ttes Ill. PB

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