Ce jeudi 2 avril 2026, à l’occasion du Jeudi des Beaux-Arts, l’art des Fidji était à l’honneur à la galerie Meyer.


Dans les vitrines, se mirant dans la rue des Beaux-Arts, un peigne rapporté par la Korrigane aux longues et fines dents entrelacées de minuscules perles de couleur, et de l’autre côté trois I Ula Drisa,très anciennes massues de jet courtes.
Une quarantaine d’objets fidjiens sont proposés à notre admiration devant le superbe fond bleu de la galerie jusqu’au 30 avril 2026.
Des objets déjà connus des habitués de la galerie, telle la parure faite d’une dent de cochon suspendue par des fibres entrelacées de minuscules perles de traite bleues et blanches:

d’autres, plus récents comme la massue de prestige bowai qui est revenue à la galerie en décembre dernier après y avoir été vendue à ses derniers propriétaires au début des années 80! Ce bowai entièrement recouvert de motifs incisés d’éléments géométriques très variés, d’oiseaux et de personnages est un emblème puissant de pouvoir.

Regardez attentivement les détails offerts par ces motifs et trouvez ce qu’ils vous évoquent…
Devant cette massue j’ai revécu les moments magiques que j’ai éprouvés en 2022 à Venise puis à Branly devant les armes exposées pour l’exposition « Pouvoir et Prestige, l’art des massues océaniennes ».
De l’autre côté, présentés côte à côte, trois crochets ililili auxquels suspendre des paniers de nourriture pour les protéger de la vermine :

Puis un imposant et finement sculpté appui-tête kali remarquable par l’incrustation de minuscules perles de verre blanches :


A nouveau une massue à racines en bois très dur casuarina equisetifolia avec des incrustations de dents humaines :


Puis trois très beaux appuis-nuque, chacun d’un style différent (un est pour une femme, un autre en bambou) mais toujours d’une conception architecturale raffinée:

Enfin, un grand classique de Fidji un tabua, pendentif fait d’une dent de cachalot polie, suspendue à un collier de fibre de coco magnifiquement tressée. C’est un objet culturel important aux Fidji. Il est près d’un autre pendentif rare, également en dent de cachalot, ancien et très curieux, représentant deux vagins.

Derniers objets que je citerai (il y en a beaucoup d’autres), incontournables quand on parle de Fidji, un magnifique plat à huile et un plat sur piédestal pour servir le kava ou yacona indispensable au rituel:

Vous trouverez sur le site de la galerie tous les détails concernant ces objets, provenances comprises : https://www.meyeroceanic.art/inventory/0
Il ne nous reste plus qu’à rejoindre Chartres et son musée des Beaux-Arts pour compléter notre voyage aux Fidji devant une toute nouvelle exposition sur Fidji au XIXè siècle, montée par Stéphanie Leclerc-Caffarel, responsable des collections Océanie au musée Branly.

1838 c’est la date où son deuxième voyage mène Dumont d’Urville à Fidji ; l’artiste officiel du voyage est Ernest Goupil sur la Zélée. Et si cette exposition ne pouvait avoir lieu qu’à Chartres c’est parce que ce musée abrite depuis 1970 l’importante collection de Louis-Joseph Bouge, gouverneur de la France d’Outre-Mer, collectionneur et océaniste, léguée par sa veuve. Outre une bibliothèque sur les voyages et de nombreux documents, cette collection renferme près de 500 objets dont les dessins d’Ernest Goupil.
L’exposition met face à face ces dessins et les gravures qui en furent tirées deux ans plus tard après la mort de Goupil, et le face à face se poursuit entre les dessins et la centaine d’objets rassemblés dont 50 venant du musée Branly.



Courez les admirer de visu…
Mais de kava il ne restera plus!…

M.N.
