« 1913-1923 : l’esprit du temps : Paris célèbre les arts d’Afrique et d’Océanie » (Exposition, Paris)

1913-1923, à Paris, c’est la décennie formidable, où, presque soudainement, des objets lointains, regardés comme des témoins d’une existence primitive, deviennent des œuvres d’art. Artistes, écrivains, marchands et conservateurs se prennent de passion pour ces objets et vont les faire exister sur le marché de l’art.

En cette décennie, va se produire une révolution du regard. Et c’est à cette décennie que le Musée Branly – Jacques Chirac consacre une de ses très intéressantes expositions de printemps. L’occasion de replonger dans l’atmosphère de Montparnasse, de rendre un nouvel hommage à des figures connues ou moins connues dont le rôle a été déterminant dans cette révolution (Joseph Brummer, André Vignier, André Level, Guillaume Apolinaire, Henri Clouzot, et bien sûr Paul Guillaume), l’occasion de revoir aussi quelques pièces iconiques.

En 1923 a lieu l’exposition Art indigène des colonies françaises au Pavillon de Marsan du Louvre. Cette date est la borne temporelle qui achève l’exposition. Ce qui n’était encore qu’une affaire d’intellectuels, de marchands et de Tout Paris fait un grand pas vers la reconnaissance, dont vont s’emparer la mode, les arts du spectacle, la culture populaire… Le regard sur les créations extra-occidentales a définitivement changé. Le monde de l’art a définitivement changé.

Denis Bruckmann

Le fameux masque Fang possédé par Vlaminck, puis Derain
Un superbe masque Ngbaka, possédé par Paul Guillaume
On retrouve sur le numéro de novembre 1919 de la revue « Les Arts de Paris », fondé par Paul Guillaume, le masque Ngbaka de la photographie précédente.

« 1913-1923 : l’esprit du temps : Paris célèbre les arts d’Afrique et d’Océanie », Musée Branly-Jacques Chirac, jusqu’au 20 septembre 26, catalogue, 24,90 euros

Ill DB sauf affiche Musée Branly

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