
Tout au long de l’hiver, la presse (le Figaro par exemple, ou encore Beaux-Arts Magazine) se sont fait l’écho de la restitution de la collection Himmelheber, jusqu’ici montrée au Musée Rietberg de Zürich, à la Côte d’Ivoire.
L’ethnologue allemand (1908-2003) avait collecté et documenté nombre d’objets des communautés Sénoufo, Dan, Baoulé et Gouro entre les années 30 et 70. Une centaine de pièces, 15 000 photographies, et une douzaine de films ont donc été rétrocédés à la Côte d’Ivoire, qui en fait une première exposition au Musée des Cultures contemporains Adama Toungara d’Abidjan, sous le titre « Murmures d’archives » jusqu’au 29 mars.
La famille de Himmelheber précise bien qu’il n’y a pas là un acte de réparation, car l’ethnologue a toujours acheté les pièces, et approché les communautés avec respect, mais elle se montre sensible aux conditions économiques de l’époque, d’évidence asymétriques, entre l’Afrique et l’Europe.
Elle veut par ailleurs favoriser la réappropriation de son patrimoine par les communautés de la Côte d’Ivoire, et l’exposition semble être un tremplin pour l’accueil de scolaires, de jeunes, etc. Les films ont d’ores et déjà été projetés dans les villages même où ils avaient été tournés par Himmelheber, et les plus anciens y ont paraît-il reconnu certains de leurs ascendants.
Encore un bel exemple d’une restitution culturelle qui paraît fertile…
Denis Bruckmann
