
C’est une exposition très originale, très étonnante, et très complète que propose le Musée Branly – Jacques Chirac autour de l’oiseau de paradis.
A partir de cet animal magnifique, dont le territoire d’origine est la Nouvelle-Guinée, dont le plumage réjouit l’oeil par toutes sortes de fantaisies, dont les danses nuptiales sont sans doute parmi les plus impressionnantes du règne animal (l’exposition s’ouvre par de telles incroyables vidéos), c’est effectivement à un voyage extraordinaire, conformément au sous-titre de l’exposition que nous convie le musée.
Voyage dans l’espace et dans le temps car il s’agit de reconstituer la légende, la notoriété, l’aura de l’oiseau de paradis, les usages symboliques ou réels de ses splendides plumes, de l’Antiquité à la période contemporaine, à travers les sciences comme à travers les arts : parures de plumes, peintures, spécimens naturalisés, accessoires de mode, objets d’art, dessins et gravures, … Le néophyte découvre ainsi que les plumes de l’oiseau ont peu à peu circulé de l’Asie du Sud-Est, à l’Inde, à la Chine, à tout le monde moyen-oriental, puis européen.
Beaucoup de thématiques de l’exposition sont particulièrement convaincantes : admiration pour la nature, mais aussi marchandisation, et prédation, pratiques rituelles et cérémonielles, dialogue et influences réciproques des cultures. Le paradisier est bien plus qu’un animal : il est un lien entre les humains et leurs ancêtres, entre la terre et les esprits. Et pour finir, il figure sur le drapeau de la Papouasie Nouvelle Guinée. Y-a-t-il plus beau destin pour un animal que devenir l’emblème d’un territoire, d’une nation, d’un esprit ?

Plumes du paradis : voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée, du 12 mai au 8 novembre 2026, Musée Branly-Jacques Chirac. Catalogue, 224 pages, 39,90 euros.
