Les croyances traditionnelles des Dayaks Iban reposent sur un être suprême Bunsu Petara qui créa le monde et donna ses consignes à sept divinités dont Menjaya, dieu de la médecine. Ce dernier intervient sur terre par l’intermédiaire des chamanes spécialisés, les Manang, qui ont pour mission de guérir les humains en leur transmettant une partie de leur force vitale.
Mais ils ne sont pas exempts d’affaiblissements eux-mêmes.
C’est pourquoi grâce à divers rituels comme le Berandou Manang et le Kitimba Manang ils doivent périodiquement, généralement tous les ans ou tous les deux ans, c’est selon, revivifier leurs pouvoirs par un rituel long et complexe dont il se peut que je n’aie pas compris toutes les nuances mais qui sont cependant illustrées sur les photos qui suivent.
On voit d’abord le chamane, épuisé par les soins qu’il a délivrés, préparer le matériel nécessaire au culte. Les palmes d’aréquier jouent un rôle important. On les caressera afin de faire jaillir leur belle structure interne. Un feu est allumé et des chants ponctués par les tambours orchestrent la cérémonie. Puis survient le moment où le chamane tombe en cataplexie soutenu par ses amis. Il entre alors en communication avec le dieu de la médecine.
Afin de mieux garantir la communication on le recouvre d’un tissu en prenant garde à ce qu’il puisse respirer. Une heure s’écoule pendant laquelle il chemine dans le monde supranaturel, avant que, revitalisé, il puisse se relever.
Ses pouvoirs ont alors été régénérés et il le montre immédiatement en soulageant un patient.







Texte et photos de Christian Travers.
