
Vente arts de l’Himalaya le 30 octobre 2026
GALERIE LE TOIT DU MONDE
Collection François Pannier et à divers amateurs
Nous avons eu le plaisir de recevoir François Pannier à Détours des Mondes pour une conférence sur le chamanisme himalayen, il y a quelques années. Ci-après la page introductive du catalogue de la vente :
« Quand certains galeristes accompagnent un marché, d’autres contribuent à en faire naître. C’est le cas de François Pannier qui depuis près de quarante ans, a dévoué son regard et sa curiosité aux arts de l’Himalaya, participant à faire reconnaître un domaine qui, lorsqu’il s’y intéressa, demeurait largement inconnu.
C’est en 1984 qu’il ouvre, rue Berthe, à proximité du Bateau-Lavoir à Montmartre, la galerie Le Toit du Monde, dédiée aux arts himalayens. Le pari est audacieux : il n’existe pratiquement pas de marché pour ces arts. Les objets circulent, mais leur histoire et leur fonction restent mal connus. François séjourne régulièrement au Népal pour comprendre les cultures dont ils sont issus. Dans une démarche anthropologique, il rencontre les marchands, observe les pratiques et confronte les objets entre eux.
De cette nécessité de comprendre avant de montrer naissent les Lettres du Toit du Monde, publiées dès 1984. Les objets y sont étudiés avec le concours de chercheurs et de spécialistes. Peu à peu, la galerie devient davantage qu’un lieu de commerce : un espace de recherche, de documentation et de transmission.
En 2000, Le Toit du Monde s’installe rue Visconti, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. François devient alors l’une des figures de galeristes qui ont marqué le VIe arrondissement. Sa présence appartient au paysage du quartier. Ceux qui passent le connaissent, le saluent ; il est une figure familière de cette vie de quartier.
Son approche est celle d’un homme qui aime faire dialoguer les cultures. Sa connaissance des civilisations anciennes, de l’Asie et du monde classique lui permet de rechercher des correspondances, des circulations de formes et des survivances. Président de l’Association pour le Rayonnement des Cultures Himalayennes (ARCH), qu’il ravive aux côtés du vice-président Adrien Viel, et membre du Comité scientifique pour l’Himalaya de l’Istituto di Cultura per l’Oriente e l’Occidente de Milan, il poursuit un travail de documentation et de sensibilisation à des cultures qui connaissent de profondes transformations.
Cette volonté de transmettre et de préserver les patrimoines himalayens se retrouve dans les conférences organisées régulièrement, qui réunissent chercheurs, photographes et spécialistes autour de sujets consacrés aux croyances, aux pratiques rituelles et aux transformations contemporaines des sociétés himalayennes. Son travail se révèle aussi au fil d‘expositions organisées à Paris, à Cannes, en Suisse ou en Italie.
À mesure que sa carrière avance, la question de la transmission devient centrale. François choisit de donner une partie de ses collections à des institutions publiques (Musée des explorations du monde à Cannes, Musée des Confluences à Lyon), prolongeant une même conviction : un objet n’a de sens que si l’on conserve la mémoire de la culture qui l’a produit.
Galeriste, expert, commissaire d’exposition, chercheur et passeur, François aura ainsi consacré près de quarante ans à un territoire artistique qu’il a contribué à révéler. Son activité est révélatrice de son souhait de rapprocher le monde des collections et celui de la recherche scientifique. Indissociable de sa galerie et de son quartier, derrière les masques et les vallées de l’Himalaya, François se révèle dans cette collection aujourd’hui proposée aux enchères, dressant le portrait d’un galeriste dont la curiosité n’a jamais cessé d’offrir un regard nouveau sur l’Himalaya. »
