L’année 26 nous aura gâté(e)s en matière de peinture afro-américaine (expression dont on ne garantit pas qu’elle soit encore politiquement correcte).
Ce printemps, le Musée Picasso avait présenté la première rétrospective en France de Henry Taylor, né en 1958, en Californie, et ce fut une vraie découverte. C’est une chronique de la négritude ordinaire en Amérique (ses parents avaient fui le Sud et ses lois racistes dans les années 40) . L’art des origines y tient peu de place, mais cette peinture est un magnifique éloge du corps noir, de la beauté noire, une réflexion aussi sur la négritude dans la peinture, et la peinture tout court.


Cet automne, c’est au tour du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, de présenter une vaste et puissante rétrospective de Kerry James Marshall, né en 1955 en Alabama, bien plus enraciné dans la civilisation d’origine, ses épreuves, en particulier l’esclavage, et ses longs combats pour acquérir des droits.
L’art classique africain y est plus présent, comme évocation du passé, puissance spirituelle (les références au vaudou ne manquent pas), acteur d’une histoire longue et souvent sanglante. Il est souvent placé dans des détails, des coins de tableau comme une présence discrète mais permanente. Il est visiblement le garant, le symbole d’une mémoire, dont Marshall indique, à plusieurs reprises, à quel point il est important qu’elle ne disparaisse pas. Quelques images pour donner envie aux membres de DDM d’y courir !
Denis Bruckmann




Ill. DB
Kerry James Marshall, The Histories, Musée d’art moderne de Paris, jusqu’au 24 janvier 2027, entrée plein tarif : 17 euros. Catalogue 45 euros.
